Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/256

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cette combinaison, chef-d’œuvre de la politique d’Isabelle, les rendait bien plus puissants l’un et l’autre.

Mais pourquoi les historiens ne nous rendent-ils pas compte de ces faits si capables de jeter du jour sur le dédale obscur des négociations de ce siècle ? C’est qu’ils n’ont aucune connaissance du Cabinet des Cours, encore moins de l’esprit de ceux qui y dominent, et qu’ils n’ont pu compulser, ou par négligence, ou par défaut de moyens, les pièces que nous avons vues.

Voilà en un mot ce qui serra les nœuds d’une alliance si contraire à celle que devait naturellement désirer le parti du roi.

Toujours plus dissimulé que jamais, le duc de Bourgogne, malgré les forces immenses que les Orléanais faisaient journellement avancer, voulait persuader à Charles un attachement qu’il était loin d’avoir. Malgré cela, disons-nous, Jean paraissait sur la défensive, et ne prit réellement la physionomie contraire que quand il lui parut indispensable d’arrêter les progrès de son ennemi. Ce fut alors que de concert avec Isabelle il comprima le roi dans Paris, à tel point qu’il devenait impossible à ce malheureux prince de ne pas embrasser le parti bourguignon : Charles le fit ; et cet exemple fut aussitôt suivi de toute la capitale.