Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/273

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si nous ne prenons l’initiative, ces gens-là vont nous écraser. La meilleure façon de ne plus craindre ses ennemis est de se défaire à la fois de tous ; adoptez mon plan, et demain nous sommes les maîtres. La mollesse des ducs de Berri et de Bourbon peut nous être encore plus fatale que l’insolent orgueil que le jeune duc nous étale ici. Le comte des Vertus, son frère, ne se séparera point de lui ; ces gens-là nous feront la loi si nous ne nous hâtons : il faut qu’ils périssent tous à la fois, le même jour et à la même heure. Tout est disposé pour la réussite de ce coup hardi, et c’est sur le prévôt Des Essarts que j’ai jeté les yeux pour l’exécution. Il m’a tout promis ; mais je ne lui trouve pas la fermeté que je désirerais au chef d’une telle entreprise ; je le crois timide et ce n’est pas ce qu’il nous faut. Bois-Bourdon et Le Clerc, son valet de chambre, nous seront très utiles, dites-leur tout ce qu’il faut pour les encourager et les persuader : ce talent est le vôtre, je ne connais personne qui y réussisse mieux que vous. Vous savez qu’il y a des circonstances où il faut savoir tout risquer. Peut-être eussé-je bien fait de corrompre les deux mille hommes que d’Orléans traîne insolemment à sa suite : mais cela nous ferait perdre du temps, et pourrait même être dangereux, nous avons tant de traîtres à redouter ! J’irai vous trouver ce soir