Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/332

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êtes vilainement trompé ; venez vous en convaincre par vos yeux : vous reconnaîtrez à quel point on abuse de votre confiance. » Le roi, très surpris, fâché peut-être de la perte de son illusion, se décida néanmoins à suivre d’Armagnac. Tous deux volent à Vincennes, et se glissent près de l’antique foyer qui se voit encore aujourd’hui dans la grande salle qui précédait l’appartement de la reine[1].

À peine nos deux observateurs sont-ils à leur poste, qu’ils voient sortir Bois-Bourdon, qui ne pouvant faire autrement que d’apercevoir le roi, placé à la partie gauche du salon dont il gagnait la porte, le salue en se sauvant avec frayeur. On le laisse fuir, mais des ordres sont aussitôt donnés pour que le coupable ne puisse rentrer dans Paris sans être à l’instant conduit en prison. Charles retourne sans daigner entrer chez sa femme, qui venant d’apprendre ce qui s’est passé, retourne à Paris la mort dans le cœur.

Le procès de Bois-Bourdon s’instruisit ; on lui fit subir plusieurs fois la question ; mais la gravité des choses qu’il avait à dire n’ayant pas permis la publicité, tout se fit par une commission, et ce fut là, disent les historiens, que Charles en apprit beaucoup plus qu’il n’en voulut savoir.

  1. Cet appartement situé au deuxième étage porte toujours le nom de chambre du roi.