Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/362

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Profitant de toutes ces alternatives, Henri V, encouragé par la reine, poursuivait toujours ses victoires. Maître de presque toute la Normandie, il mit le siège devant la capitale de cette province. Les Rouennais demandèrent du secours, on fit valoir cette demande et elle devint le prétexte de nouveaux impôts qui, à peine perçus, s’engloutirent, suivant l’usage, dans les coffres de nos deux sangsues, et les secours qu’ils devaient payer n’arrivèrent point.

Le duc Jean, qui avait trouvé soixante mille hommes quand il marchait contre son prince et contre sa patrie, ne trouva plus personne dès qu’il fut question de défendre l’un et l’autre.

Quoi de plus embarrassant, en effet, que la conduite de ce prince. Il est intéressé, sans doute, à rompre les progrès du roi d’Angleterre, dont l’extrême puissance pouvait nuire un jour à la sienne, mais il l’était bien plus à déranger, à entraver les succès du dauphin toujours entouré d’Armagnacs.

« S’il agissait contre les ennemis de la monarchie, dit un historien accrédité, il laissait le champ libre aux siens et, pour se faire redouter de ceux-ci, il fallait qu’il négligeât les autres. »

Si, d’une autre part, il irritait Henri en secourant les ennemis de ce prince, celui-ci le déshonorait en publiant le honteux traité de Calais. Le