Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/399

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privés de toutes successions et honneurs et leurs sujets, leurs vassaux affranchis des serments de fidélité qu’ils auraient pu faire à de tels maîtres.

« Sire, dit Isabelle au roi d’Angleterre, le surlendemain du jour où cet insigne arrêt fut rendu, ce coup d’autorité nous venge tous et satisfait le juste courroux de votre allié ; il affermit vos droits à la couronne de France, en vous défaisant d’un traître incapable de la porter. Il punit un fils de tout le mal qu’il a fait à sa mère et dont rien n’éteindra jamais le souvenir.

— Madame, répondit Henri, je servirai toujours et de tout mon pouvoir une cause aussi sacrée, et mes intérêts ne sont rien quand les vôtres parlent aussi hautement ; votre illustre fille a fait mon bonheur, vos conseils l’ont consolidé ; je me dois tout entier à vous. »

Les actions de ce prince répondaient à merveille aux sentiments qu’il manifestait : tout ce qui déplaisait à la reine fut à l’instant changé ; les emplois de l’armée ou de la maison royale n’appartinrent plus qu’à ceux que désignait Isabelle, qui par le moyen de sa fille obtenait tout sur l’esprit de son gendre.

Le commandement de Paris fut ôté au comte de Saint-Paul pour être conféré au duc de Clarence ; le Louvre, Vincennes, la Bastille, tout fut