Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/40

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preuves authentiques que nous étayons les faits nouveaux, dont personne avant nous n’avait encore parlé.

À l’égard de la tournure romanesque employée quelquefois, si nous nous la sommes permise, c’est que dans une histoire aussi singulière que celle-ci, nous avons cru qu’un sage et rare emploi de la manière du roman ne pouvait qu’ajouter à l’intérêt que les personnages de ce drame sanglant inspirent et qu’en les plaçant en scène sur une ligne plus rapprochée de nous, et en mettant surtout leur dialogue en action beaucoup plus qu’en récit, tout ce qu’ils disent ne deviendrait que bien plus frappant. Si nous nous sommes donc quelques fois donné cette licence, on nous accordera du moins que nous n’en avons pas abusé, parce que nous avons bien senti qu’un trop fréquent usage de cette façon d’écrire l’histoire nuirait infailliblement à sa dignité. Il fallait connaître Isabelle, et certes, elle est bien mieux connue quand on la fait parler que quand on écrit froidement ce qu’elle a dit.

À l’égard des harangues et des discours, quels sont les écrivains, tant anciens que modernes, qui ne les aient pas eux-mêmes composés quand leurs personnages ne les prononçaient pas ? Que de force ils prêtent à la vérité des faits ! et qui n’aime pas mieux entendre dire à Henri IV : Français, suivez ce panache, vous le verrez toujours dans les champs de la gloire, que le récit qu’aurait pu faire le meilleur historien en nous assurant que ce bon roi avait dit qu’il fallait suivre son pa-