Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/418

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tures fut aussitôt portée à Londres et communiquée à la reine Catherine et à son fils.

Quel triomphe pour Isabelle ! et voilà comme cette femme atroce satisfaisait sa haine et sa vengeance contre un malheureux fils, au mépris des lois de la nature et des constitutions du royaume ! voilà, disons-nous, comme elle cimentait sa propre honte et celle de la nation qu’elle régissait, quelque indigne qu’elle fût de cet honneur !

Tout ceci ne fit que resserrer entre le duc de Bedford et Isabelle des liens, qui furent encore mieux cimentés par l’alliance de ce duc avec la princesse Marguerite, veuve du dauphin Jean. Qu’ils se taisent donc ceux qui avancent qu’il existait un grand refroidissement entre la reine et le régent, attendu, prétendent-ils, que la reconnaissance est une vertu nulle entre les souverains.

Certes, il peut être, et nous n’en doutons pas, que tout ce qui forme les liens entre particuliers devienne sans force en politique ; mais les lois de cette même politique sanctifient bientôt les vertus dès qu’elles redeviennent utiles aux intérêts des princes.

Ce qu’il y avait de plus affreux dans tout cela, c’est que les guerres civiles continuaient de déchirer la France. Charles VII tâchait de recouvrer des