Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/419

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provinces : Bedford s’emparait de son côté de tout ce que le dauphin ne pouvait garantir.

La plus extrême barbarie souillait tous ces triomphes : on égorgeait les prisonniers, on passait les garnisons au fil de l’épée, et le sang, en un mot, coulait de toutes parts… Plus de commerce : la guerre est loin de ce qui le fait fleurir ; et si les souverains, qui veulent réellement le bien des peuples que le ciel leur confie, calculaient ce qui sert le mieux les intérêts de ces peuples, ou du commerce qui ravive tout, ou de la guerre dévastatrice, peut-être feraient-ils le sacrifice de leur ambition.

Plus d’industrie, il ne faut dans les champs que celle de porter des armes, qui, une fois au repos, laissent bien nul celui qui n’avait pu montrer d’autre talent.

Plus d’agriculture : le laboureur inquiet, ou abandonné de ses enfants, n’ose plus confier à la terre des semences dont il est incertain de recueillir le fruit.

Si quelque chose console des malheurs d’une guerre étrangère, c’est que du moins le sang qu’on fait couler n’est pas celui de ses compatriotes ; mais quand il faut répandre celui de ses amis, de ses frères, de ses parents ; lorsque la ville que vous incendiez renferme les plus doux objets de votre