Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/444

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n’est plus que comme la plus simple bourgeoise de Paris que je puis contempler un triomphe qui ne me retrace les miens que pour les pleurer. Ô fatale inconstance des choses humaines ! mais ne serait-ce pas ici le commencement de la punition de mes crimes ? la mesure n’est-elle pas comblée, et n’ai-je pas mérité ce qui m’arrive ?

Quelles douloureuses pensées dans une femme en qui les passions survivent à la possibilité de les satisfaire !

Enfin la paix fut conclue entre le roi d’Angleterre et Charles VII. Une des clauses de ce fameux traité fut que le duc de Bourgogne se dirait convaincu que jamais Charles n’avait attenté aux jours du duc Jean, assassinat dont il avait toujours eu la plus grande horreur ; que le fauteur de ce crime énorme continuerait d’être recherché partout où il se rencontrerait ; que plusieurs établissements pieux seraient érigés, en manière de réparation de cet attentat affreux, et qu’enfin une croix serait placée sur le pont de Montereau au même endroit où le délit avait été commis.

Nous ne rapportons point ici toutes les autres conditions d’un traité qui éleva la maison de Bourgogne au plus haut degré de splendeur où elle pût parvenir, et qui, comme le remarquent fort judicieusement les écrivains de ce siècle, devint en