Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/47

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soit en entretenant une marine assez formidable pour que ses forces de mer puissent être en harmonie avec celles qui l’illustrent sur le continent.

Pourquoi le ciel ne comble-t-il pas un tel prince de toutes les faveurs qui devraient lui être réservées, et pourquoi ne laisse-t-il pas son trône à un fils qui, sans avoir les vertus de son père, ait du moins la force de tenir lui-même les rênes d’un gouvernement ? Combien doit souffrir celui qui se trouve livré à un enfant auquel il faut associer et des régents et des instituteurs !

Charles VI touche à peine à sa douzième année quand il perd l’auteur de ses jours qui, ne pouvant enfreindre ni les lois de l’état ni celles de la progéniture, laisse la régence au duc d’Anjou, le plus ambitieux et le plus prodigue des hommes dont il est à la fois détesté par ses vexations, méprisé par son inconstance. Il s’agit de diminuer son autorité, Charles le sent, et veut en conséquence que son fils soit aussitôt sacré dans Reims et qu’il gouverne ensuite en son propre nom, éclairé seulement des conseils du régent, qu’assisteront le duc de Bourgogne, comme tuteur, ceux de Bourbon et de Berri, le premier comme chargé de l’éducation, le second en sa qualité de surintendant des palais.

Ces dispositions faites, Charles voyant approcher ses derniers instants s’entoure de ces guides précieux auxquels il abandonne le soin de son fils.