Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/50

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trésors dérobés à sa nation qu’il veut en conquérir une autre ; et l’auguste pupille qui lui est confié, il aime mieux le dépouiller que l’instruire.

Funestes effets de l’ambition, détruirez-vous donc toujours les vertus ?

Rarement un précipice se creuse aux pieds du peuple, sans qu’il s’en aperçoive. Paris découvrant celui-ci, ose se permettre des excès de tout genre, que ne réprime point une autorité beaucoup trop divisée pour n’avoir pas perdu sa force. On convoque des États généraux qui ne servent, suivant l’usage, qu’à préparer de nouveaux malheurs et qu’à cimenter les anciens.

Une partie des soins qu’a pris Charles pour rétablir la France est donc précisément ce qui hâte sa subversion.

Charles dépensait au plus douze cent mille francs pour sa maison : il faut six millions au régent pour l’entretien de celle d’un enfant qu’on laisse manquer des premiers besoins de la vie. Si le peuple, ainsi qu’on vient de le dire, s’agite à l’aspect de tant de désordres, les gens de guerre s’émeuvent également : privés de leur solde, ils ravagent les campagnes, l’insubordination devient générale ; par une politique odieuse, las de réprimer en vain les abus, on aime mieux détruire ceux qui réclament que de les soulager, et ces braves guerriers, ces valeureux compagnons de Duguesclin sont licenciés pour les punir d’avoir osé se plaindre. Devait-on, par des fautes aussi grossières, se priver d’une force si utile