Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/157

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l’inconduite trop connue a fait évanouir la considération.

Respectez cependant la vie de votre époux, non qu’il y ait aucun individu dans le monde dont les jours doivent l’être, sitôt que notre intérêt parle ; mais c’est que dans ce cas, cet intérêt, personnel se trouve, à ce que vous ménagiez les jours de cet homme. C’est une étude longue et fatiguante pour une femme, que d’apprendre à connaître son mari : faite avec le premier, qu’elle ne se donne pas une peine de plus avec le second ; peut-être même n’y gagnerait-elle pas. Ce n’est pas un amant qu’elle veut dans son époux, c’est un personnage commode, et la longue habitude, dans ce cas, est plus sure du succès que la nouveauté.

Si la jouissance anti-physique dont je vous ai parlé tout-à-l’heure, ne réussit pas à vous enflammer, foutez en con, je le veux bien, mais vuidez le vase aussitôt qu’il se remplit, ne laissez jamais arriver l’embryon à terme ; c’est de la plus grande importance, si vous ne couchez pas avec votre mari, et cela l’est encore si vous y couchez, parce que de l’incertitude naissent, comme je vous l’ai dit, tous les soupçons, et de ces soupçons, pres-