Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/162

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avec votre fille, si elle vous plaît, faites-lui partager vos débauches, afin qu’elle ne les éclaire pas.

Il est, je crois, maintenant nécessaire d’ajouter une conclusion à tous ses conseils  : c’est que la sagesse des femmes est une perte, un fléau pour la société, et qu’il devrait y avoir des punitions dirigées les créatures absurdes qui, par quelque motif que ce puisse être, croient, en conservant leur ridicule virginité, et s’illustrer dans ce monde-ci, et se préparer des couronnes dans l’autre.

Jeunes et délicieux objets de notre sexe, poursuivit Delbène avec chaleur, c’est à vous que je me suis adressé jusqu’à présent, c’est à vous que je dis encore… foulez aux pieds cette vertu sauvage de laquelle des sots osent vous composer un mérite, renoncez à l’usage barbare de vous immoler aux autels de cette ridicule vertu, dont les jouissances fantastiques ne vous dédommageront jamais de tous les sacrifices que vous lui feriez  ; et de quel droit les hommes exigent-ils de vous tant de retenue, quand ils en ont si peu de leur côté  ; ne voyez-vous pas bien que ce sont eux qui ont fait les loix, et que leur