Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/174

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tain  ; je voudrais rompre ces indignes, vœux qui m’empêchent de me prostituer publiquement, de m’avilir comme la dernière des femmes. J’en suis, je vous l’avoue, à desirer le sort de ces divines créatures qui satisfont au coin des rues les sales lubricités du premier passant  ; elles croupissent dans l’avilissement et l’ordure  ; le deshonneur est leur lot, elles ne sentent plus rien… Quel bonheur  ! et pourquoi ne travaillerions-nous pas à nous rendre toutes ainsi  ? l’être le plus heureux de la terre, n’est-il pas celui dans lequel les passions ont endurci le cœur… l’ont amené au point de n’être plus sensible qu’au plaisir. Et quel besoin a-t-il d’être ouvert à d’autre sensation qu’à celle-là  ? Eh mes amies  ! en fussions-nous à ce dernier degré de turpitude, nous ne nous paraîtrions pas encore viles, et nous aimerions mieux diviniser nos erreurs, que de nous mésestimer nous-même  ; voilà comme la nature sait nous ménager à tout, du bonheur.

Mais, foutre, ils bandent, poursuivit chaleureusement Delbène  ; ils sont en l’air, ces vits que je palpe en discourant, les voilà durs comme de l’airain, et mon cul les desire  ; tenez, mes amis, foutez-le ce derrière insa-