Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/178

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encouragemens qu’on me donne, l’irritation dans laquelle je suis, l’extrême desir que j’ai de consommer cet acte libertin, tout me fait mettre à l’opération la même activité, la même chaleur qu’eût employé l’amant le plus vigoureux ; la machine pénètre, mais les flots de sang qui jaillissent du brisement de l’hymen, les cris terribles de la victime, tout nous annonce que l’outrage entrepris ne s’est pas fait sans péril ; et la pauvre petite, en effet, vient d’être assez cruellement blessée, pour donner de l’inquiétude même sur ses jours. Ducroz, qui s’en apperçoit, l’apprend par un signe à l’abbesse, qui, voluptueusement branlée par ses tribades, ordonne d’aller en avant : la garce est à nous, s’écrie-t-elle, ne l’épargnons pas ; je n’ai de compte à en rendre à qui que ce soit. Vous imaginez facilement à quel point ces propos m’enhardirent ; bien sûre du malheur qu’avait occasionné ma maladresse, je n’en redoublai que plus nerveusement mes secousses, tout entra, Laurette s’évanouit, Ducroz m’encule, et Télème, enchanté, se branle sur le joli visage de la moribonde, dont il comprime rudement la tête dans ses jambes… Il faudrait des secours, madame, dit-il à