Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/189

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à la cause ; j’ai promptement trouvé celle de notre aventure d’hier, et les lumières rallumées, les hommes et moi nous avons promptement mis ordre à tout. — Et Laurette, madame ? — Elle est dans le caveau, ma bonne, nous l’y avons laissée. Quoi, vous l’auriez ? — Pas encore, ce sera le sujet de notre première assemblée, elle y passait hier sans la catastrophe. — En vérité, Delbène, vous êtes d’une débauche… d’une cruauté. — Non, rien de tout cela j’ai des passions fort vives, je n’écoute qu’elles ; et comme je suis persuadée que ce sont les plus fidèles organes de la nature, je me rends à ce qu’elles m’inspirent, sans frayeur, comme sans remords. Te voilà mieux, Juliette, lève-toi, viens dîner dans mon appartement ; nous jaserons.

Assieds-toi mon enfant, me dit-elle, dès que nous fûmes hors de table, je vois que tu es surprise de me voir aussi calme dans le crime, je veux que les réflexions que j’ai à te communiquer sur cet objet, te rendent bientôt aussi apatique que moi : Hier, je le vis, tu te surprenais de ma tranquillité au milieu des horreurs que nous