Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/202

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aussi voluptueux que décorés  ; son cuisinier fort bon, ses vins délicieux et ses filles charmantes  ; tant d’agrémens devaient s’acheter fort cher, rien en effet ne l’était autant que les parties de ce local divin, où les plus simples têtes-à-têtes ne se payaient pas moins de dix louis. Sans mœurs, comme sans religion, parfaitement soutenue à la police, fournissant les plus grands seigneurs, madame Duvergier, à l’abri de tout, entreprenait des choses que n’eussent jamais imité ses compagnes, et qui faisaient à la fois frémir la nature et l’humanité.

Pendant six semaines, cette adroite coquine vendit mon pucelage à plus de cinquante personnes, et chaque soir se servait d’une pommade à-peu-près semblable à celle de madame Delbène  ; elle raccommodait avec soin ce que déchirait impitoyablement le matin l’intempérance de ceux auxquels son avarice me livrait  ; comme tous ces dévirgineurs s’y prirent assez lourdement, je vous ferai grâce des détails, et ne m’arrêterai qu’au duc de Stern, dont la manie fut plus singulière.

Le plus simple costume flattant le mieux la lubricité de ce libertin, ce fut en petite