Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/223

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à ce procédé il ne fait qu’user des dons qu’il a reçu ; il ne revet point, comme le faible, un caractère différent du sien ; il ne met en action que les seuls effets de celui qu’il a reçu de la nature. Tout ce qui résulte de là est donc naturel : Son oppression, ses violences, ses cruautés, ses tyrannies, ses injustices, tous ces jets divers du caractère imprimé dans lui par la main de la puissance qui l’a mis au monde sont donc tout simples, sont donc purs comme la main qui les grava ; et lorsqu’il use de tous ses droits pour opprimer le faible, pour le dépouiller, il ne fait donc que la chose du monde la plus naturelle. Si notre mère commune eût voulu cette égalité que le faible s’efforce d’établir ; si elle eut vraiment desiré que les propriétés fussent équitablement partagées, pourquoi aurait-elle créé deux classes, une de forts, l’autre de faibles ? N’a-t-elle donc pas suffisamment prouvé, par cette différence, que son intention était qu’elle ait lieu dans les biens, comme dans les facultés corporelles ? Ne prouve-t-elle pas que son dessein est que tout soit d’un côté et rien de l’autre ; et cela précisément pour arriver à cet équilibre, unique base de toutes ses loix ? Car, pour