Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/229

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


noblesse, en perdant ces droits, est devenue l’esclave des rois qui la subjuguaient[1].

Le célèbre voleur sir Ewin Caméron ? résista long-tems à Cromwel.

L’illustre Marc Grégor fit une science du vol ; il envoyait ses sujets sur les terres voisines ; il extorquait la rente dûe par les fermiers, et leur donnait quittance, au nom des propriétaires.

Il n’y a, soyez-en certaines, aucune sorte de façon de s’approprier le bien d’autrui, qui ne soit légitime ; la ruse, l’adresse, ou la force, ne sont que des moyens sages d’arriver à un but permis ; l’objet du faible est d’égaliser la fortune ; celui du fort est d’obtenir et de dépouiller, n’importe comment, n’importe aux dépens de qui. Quand les loix de la nature exigent un bouleversement,

  1. L’égalité prescrite par la révolution, n’est que la vengeance du faible sur le fort, c’est ce qui se faisait autrefois en sens inverse ; mais cette réaction est juste, il faut que chacun ait son tour. Tout variera encore, parce que rien n’est stable dans la nature, et que les gouvernemens dirigés par des hommes, doivent être mobiles comme eux. (Note ajoutée.)