Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/244

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nous attend, nous y montons, et dans moins de cinq quarts d’heure nous voilà nues chez notre matrone.

Madame Duvergier n’était pas levée, nous nous retirâmes dans nos chambres, où nous trouvâmes chacune dix louis, et un déshabiller complet, très-au-dessus de la valeur de ceux que nous avions perdus. Ne parlons de rien, me dit Fatime, nous voilà contentes, il est inutile que la Duvergier soit instruite ; je te l’ai dit, Juliette, tout cela s’est fait à son insu, et dès que nous n’avons rien à partager avec elle, il n’est pas nécessaire ce lui parler de ce qui s’est fait. Ma bonne, continua Fatime, tu viens d’éprouver un très-petit mal, et de recevoir une très-grande leçon ; que l’un te console de l’autre. Avec ce que tu viens d’apprendre chez Dorval, tu es en fond maintenant, pour que toutes les parties que tu feras te rapportent, par ton adresse, le triple et le quadruple de ce qu’elles vaudraient à une autre. En vérité, dis-je à ma compagne, je ne sais si j’oserai, lorsque personne ne me soutiendra. Tu serais bien dupe de ne le pas faire, répondit Fatime ; que la morale et les conseils de Dorval ne te sortent jamais de l’esprit ; l’éga-