Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/298

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cipes de ne soupçonner aucun mal à l’infidélité : j’aimais dans Noirceuil, le libertinage, la singularité de l’esprit ; mais ne rafolant point de sa personne, je ne me croyais pas liée avec lui au point de ne pas lui manquer quand bon me semblerait. Je visais au grand ; en voyant beaucoup d’hommes, je pouvais trouver mieux que Noirceuil. Ce bonheur même ne me fût-il pas arrivé, les parties de la Duvergier devaient me valoir beaucoup… et je ne pouvais donc pas y sacrifier un sentiment chevaleresque pour Noirceuil, dans lequel aucune sorte de délicatesse ne pouvait foncièrement exister. D’après ce plan de conduite, j’acceptai, comme vous croyez bien, une partie que la Duvergier me fit proposer, quelques jours après l’entrevue dont je viens de vous parler avec elle.

Cette partie devait avoir lieu chez un millionaire qui n’épargnant rien pour ses plaisirs, payait au poids de l’or toutes les créatures assez complaisantes pour satisfaire à ses honteuses luxures, On n’imagine pas le degré d’extension que peut avoir le libertinage ; on ne se fait pas d’idée du point ou il dégrade l’homme qui n’écoute plus que