Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/301

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ces grosses gentillesses qu’on ne trouve que dans le dictionnaire des traitans. Allons, dit-il à sa gouvernante, si ces demoiselles sont prêtes, nous allons nous mettre à l’ouvrage. Trois scènes composaient l’ensemble de cet acte libidineux  : il fallait, premièrement, pendant que j’allais, avec ma bouche, réveiller l’activité très-endormie de Mondor, il fallait, dis-je, que mes six compagnes, réunies en trois groupes, exécutassent, sous ses regards, les plus voluptueuses attitudes de Sapho  ; aucunes de leurs postures ne devaient être les mêmes  ; chaque instant devait les voir renouveller. Insensiblement les groupes se mêlèrent, et nos six tribades, exercées depuis plusieurs jours, formèrent enfin le tableau le plus neuf et le plus libertin qu’il fût possible d’imaginer. Il y avait une demi-heure qu’il était en action, quand je commençai seulement à m’apperçevoir d’un peu de progrès dans l’état de notre sexagénaire. Bel ange, me dit-il, ces putains me font, je crois, bander  ; faites-moi voir vos fesses, car s’il arrivait que je fusse en état de perforer le beau cul que vous allez docilement offrir à mes baisers, en vérité, nous irions tout de suite au fait, sans avoir besoin d’autre chose.