Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/58

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rer ce que l’on craignait ; rien que de très-naturel au procédé qui fait fumer l’encens sur les autels de l’individu magique que l’on fait à-la-fois le moteur et le dispensateur de tout. On le croyait méchant, parce que de très-méchans effets résultaient de la nécessité des loix de la nature ; pour l’appaiser, il fallait des victimes, de-là les jeûnes, les macérations, les pénitences, et toutes les autres imbécillités, fruits résultatifs de la crainte des uns et de la fourberie des autres ; ou, si tu l’aimes mieux, effets constans de la faiblesse des hommes, puisqu’il est certain que par-tout où il y en aura, se trouveront aussi des dieux enfantés par la terreur de ces hommes, et des hommages rendus à ces dieux, résultat nécessaire de l’extravagance qui les érige. Ne doutons pas, ma chère amie, que cette opinion de l’existence et du pouvoir d’un Dieu dispensateur des biens et des maux, ne soit la base de toutes les religions de la terre. Mais laquelle préférer de toutes ces traditions ? Toutes allèguent des révélations faites en leur faveur, toutes citent des livres, ouvrages de leurs dieux, et toutes veulent exclusivement l’emporter l’une sur l’autre. Pour m’éclairer