Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/61

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ject, ignoré, pouvait convenir à la majesté suprême de l’être auquel vous vouliez que j’accorde la faculté d’avoir créé l’univers ; mais quelque soit l’envie que j’aurais d’acquiescer à ce que ces livres absurdes m’apprennent, je demande si le silence universel de tous les historiens des nations voisines, sur les faits extraordinaires qui y sont consignés, ne devait pas suffire à me faire révoquer en doute les merveilles qu’ils m’annoncent ; que dois-je penser, je vous prie, lorsque c’est dans le sein du peuple même qui m’entretient si fastueusement de son dieu que je trouve le plus d’incrédules ! Quoi, ce dieu comble son peuple de faveurs et de miracles, et ce peuple chéri ne croit pas à son dieu ! Quoi, ce dieu tonne sur le haut d’une montagne avec l’appareil le plus imposant, il dicte sur cette montagne des loix sublimes au législateur de ce peuple qui dans la plaine doute de lui, et des idoles s’élèvent dans cette plaine pour narguer le Dieu législateur, tonnant sur la montagne ; il meurt enfin, cet homme singulier, qui vient d’offrir aux juifs un Dieu si magnifique, il expire, un miracle accompagne sa mort ; tant de motifs vont pénétrer sans