Page:Sade - Oxtiern, ou les Malheurs du libertinage,1800.djvu/29

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


la terre d’un poids qui la fatigue ; le soleil est moins pur depuis qu’il éclaire tes jours.


Oxtiern, fierté contenue.

Ernestine ne pense pas, ce me semble, à la situation où elle est ?


Ernestine, noblesse et énergie.

Tu as raison, Oxtiern ; si je m’en occupais, ou je ne vivrais pas, ou tu serais mort.


Oxtiern.

Quand une femme se croit malheureuse, elle devrait un peu plus ménager celui de qui son destin dépend.


Ernestine, fierté.

Cette femme ne dépend que d’elle ; elle ne se doit qu’à elle ; elle seule réglera son sort.


Oxtiern.

Poursuivons notre route, Ernestine ; demain nous arriverons dans une de mes terres ; peut-être là, réussirais-je à vous adoucir et à vous calmer.


Ernestine, comme ci-dessus.

Non, je ne vais pas plus loin ; c’est malgré moi que tu m’as entraînée jusqu’ici : il faut qu’ici je sois vengée, ou que j’y meure.


Oxtiern.

Ces élans d’une ame en délire vous fatiguent, et ne