Page:Sade - Oxtiern, ou les Malheurs du libertinage,1800.djvu/47

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ordinaire du vice ou de la friponnerie, les étonne ; le remord les effraye.


Derbac, vivement.

Malheur aux scélérats qu’il n’arrête point ; malheur à toi si tu persistes : jamais un crime plus noir ne se conçut, même aux enfers.


Oxtiern.

J’en conviens ; mais il est utile… Cette orgueilleuse créature n’avait-elle pas conjurée ma perte ?


Derbac.

Elle se battait contre toi ; elle exposait ses propres jours.


Oxtiern.

Jouer l’héroïne… je n’aime pas les élans de l’orgueil dans une femme.


Derbac, avec bien de la sensibilité.

Ah ! l’être du monde qui mérite le mieux nos hommages, n’a-t-il donc pas de droits à l’orgueil ?


Oxtiern.

Bon ! te voilà revenu à tes moralités ; pour peu que je t’abandonne un instant, j’ai une peine à te ressaisir… Allons du courage, Derbac ; de crainte que Casimir ne remplisse pas bien ma commission, exécute-là de ton côté ; le Colonel va venir ; dis-lui de se jetter avec ardeur sur l’ennemi qu’il verra s’avancer à lui vêtu de blanc : ce sera sa fille… Tu m’entends, Derbac, et je serai vengé. (Il sort).