Page:Saint-Amant - Œuvres complètes, Livet, 1855, volume 1.djvu/288

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Qu’une eternelle memoire
S’en puisse exercer le bec.

Hurlons comme les Menades
Ces airs qu’en leurs serenades
Les amoureux font ouyr,
Au milieu des carbonnades,
Ne sçauroient nous resjouyr.

Bacchus ayme le desordre,
Il se plaist à voir l’un mordre,
L’autre braire et grimasser,
Et l’autre en fureur se tordre,
Sous la rage de danser.

Il veut qu’icy de Panthée
La mort soit representée
À la gloire du bouchon,
Et qu’au lieu de cet athée,
On demembre ce cochon.

Que dis-je ! ô que j’ay la veue
De jugement despourveue !
Parbleu ! c’est un marcassin,
Dont la trongne resolue
Nous morgue dans ce bassin.

À voir sa gueule fumante,
Il m’est advis qu’il se vante,
En grondant mille desfis,
Que du sanglier d’Erymante,
Il descend de pere en fils.

Il pourroit venir du diable,
Avec sa mine effroyable ;
Si se vera-t-il choqué,
Et d’une ardeur incroyable
Par nous defait et mocqué.