Page:Saint-Amant - Œuvres complètes, Livet, 1855, volume 1.djvu/77

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Tantost chagrin, tantost joyeux
Selon que la fureur m’enflame,
Et que l’objet s’offre à mes yeux,
Les propos me naissent en l’ame,
Sans contraindre la liberté
Du demon qui m’a transporté.

Ô que j’ayme la solitude !
C’est l’element des bons esprits,
C’est par elle que j’ay compris
L’art d’Apollon sans nulle estude.
Je l’ayme pour l’amour de toy,
Connaissant que ton humeur l’ayme ;
Mais quand je pense bien à moy,
Je la hay pour la raison mesme :
Car elle pourroit me ravir
L’heur de te voir et te servir.