Page:Saint-Just - Œuvres complètes, éd. Vellay, I, 1908.djvu/366

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sont une loi fondamentale du gouvernement, non parce qu’ils subviennent aux dépenses de l’État politique, mais parce qu’ils peuvent influer beaucoup sur les mœurs.

Le Trésor public, fidèle et reconnaissant envers ceux qui le remplissent, doit entretenir les ports, les chemins, les fleuves, rendre au commerçant le vaisseau que les tempêtes ont foudroyé, récompenser le vrai mérite, les bons et utiles talents, les vertus, et tendre la main à l’infortune intéressante.

Alors vous ne connaissez plus la pauvreté, fille de l’esclavage, et la prostitution, fille de l’orgueil et de la misère.

CHAPITRE XXIV.

DE LA CAPITALE

L’Assemblée nationale rangea le peuple de Paris sous le joug de ses maximes, avec beaucoup de sagesse et de patience ; on ne supprima point trop tôt les noms chéris de districts promoteurs de la liberté ; on leur mit sous les yeux l’exemple des provinces, on fit des lois de toutes les vertus que la Révolution avait rallumées, on en conserva l’esprit, on en détruisit les vaines illusions ; on écrivait que tout était perdu quand on substitua au mot district la nouvelle dénomination de section. Il en eût été de même de dire qu’on ne porterait plus d’autres armes que les piques de la Bastille. Pour que les lois ne dégénèrent point, il faut qu’elles parlent aux hommes de la patrie, et non d’eux.

Dans vingt ans, les mœurs de la capitale auront beaucoup changé ; je ne sais point comment se pourra soutenir le luxe quand elle ne sera plus le centre de la monarchie, quand les hommes ne seront plus obligés de devenir fats et flatteurs, quand toutes les ressources seront dans le commerce et dans l’agriculture, et quand la France n’aura plus qu’avec elle-même tous les rap­ports qu’elle n’avait ci-devant qu’avec la capitale.