Page:Saint-Just - Œuvres complètes, éd. Vellay, I, 1908.djvu/370

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CHAPITRE II.

DE LA PAIX ET DE LA GUERRE

La France en renonçant à toutes hostilités offensives influera beaucoup sur les fédérations européennes ; comme cette loi fondamentale est la plus saine de sa liberté, elle a dû la mettre à l’abri de la corruption. Par la raison que la puis­sance législatrice ne peut être chargée de l’exécution, parce qu’elle énerverait les lois dans leur source, le monarque non plus ne peut pas délibérer parce qu’il ploierait les principes à son ambition ; il est donc raisonnable que la paix et la guerre soient délibérées dans les communes, et que le monarque exécute.

Il n’est pas moins prudent que les délibérations de la puissance législatrice soient soumises à l’acceptation royale ; elles se repoussent l’une et l’autre, et concourent à la ruine des projets particuliers.

Il serait absurde que l’avis du peuple fût consulté dans les délibérations, et par rapport à la lenteur de sa marche, et par rapport à son imprudence. Si le consentement ou le refus du peuple était manifesté par les directoires, la fortune de l’État serait la proie des brigues et l’aristocratie perdrait sa vigueur. Là où les pieds pensent, le bras délibère, la tête marche.

CHAPITRE III.

DES AMBASSADEURS

Les ambassades permanentes sont un vice de la constitution européenne ; elles sont une infraction à la liberté des peuples ; une armée toujours prête aux conspirations met dans un état de défiance qui altère la vertu du droit des gens.

Il est vrai que la politesse a beaucoup fardé ces usages ; mais imaginez des contrées où l’amitié est la crainte, la bonne foi l’œil d’un ambassadeur, et la paix un état de guerre.

Imaginez des peuples qui se tiennent l’épée sur le cœur et s’embrassent,