Page:Saint-Pol-Roux - Anciennetés, 1903.djvu/33

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Si c’est pour une telle royauté
Que tu sortis Ève de ta paresse
Et si tu veux méchante la Beauté,
Que ne m’as-tu supprimé la caresse ?

Alors du moins, franche bouche qui mord,
J’aurais servi ta sombre loi de haine,
Éparpillant la misère et la mort,
Sans éprouver jamais la moindre peine

Et, pitoyable esclave sans rachat,
Femelle irresponsable de ton signe,
Je n’eusse pas mérité le crachat
Des enfants nés de ma rose maligne.

1890.