Page:Saint-Pol-Roux - Anciennetés, 1903.djvu/43

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Ce songe est tapissé de pourpre, d’hyacinthe,
De cramoisi ; des colonnettes sveltes d’or
En sont les gardiens clairs, et d’argent est leur plinthe.
L’encens nimbe d’un lange avare le Trésor.

Dedans palpitent les merveilles de l’orfèvre
Et puis du tisserand au rythme souverain,
Dehors, sur la cloison d’ingénus poils de chèvre,
Giclent, au soleil vif, des agrafes d’airain.

Tandis qu’un jeûne sec dégonfle tous les ventres,
Le repentir gave les cœurs à son banquet.
Les tentes ont l’aspect formidable des antres
On entend y rugir les lions du regret.