Page:Sainte-Beuve - Le Clou d’or, 1921.djvu/68

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je voudrais pouvoir me livrer à toutes les passions pour en finir. Les matins, malgré tout, je mène assez bien l’étude ; j’y ai trouvé toujours si peu de choix et de liberté, que cela m’est à peu près égal de faire tel ou tel article, pourvu que j’aie les moyens de le bien faire. Ainsi je vais toujours de ce côté, dissimulant et faisant le sage, comme, au reste, on le fait perpétuellement dans ce monde menteur, chacun montrant une face et cachant les autres. Je me montre trop à vous aujourd’hui. Mais que faire ? Vous me demandez ce que je sens et je déchire les plaies.

Je ne suis pas digne de vous, de cette relation si douce et si ornée ; je compte pourtant à fond sur votre amitié, votre intérêt. Je ne vous dirai pas que cela m’est indifférent malgré toutes les dure-