Page:Samain - Œuvres, t1, 1921.djvu/187

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AU JARDIN DE L’iNFANTE 173

Laisse la rue à ceux que leur âme importune. Pour toi, respire ainsi qu’un trésor clandestin Le lis de solitude à ton balcon hautain, Et joue avec les blonds cheveux de la Fortune.

Tas d’affamés serrés à la table commune, Laisse aux autres leur part hâtive du festin; Et que tes vers, secrets ainsi que ton destin, Montent comme un jet d’eau de minuit vers la lune,

Au fond du sanctuaire écoute l'Art devin Prophétiser ton âme, et vers l'oeuvre divin lève ton coeur ainsi qu'un ciboire d'or fin.

Pense, domine l'Age, et respre l'Espace, N'espère pas; l'Espoir est un oiseau rapace. Vis, si tu peux, dans l'éternelle heure qui passe.