Page:Samain - Œuvres, t2, 1921.djvu/224

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Et cette foule, où nous versons de la lumière,
Redevient de la nuit, quand nous sommes passés.

Penchés sur la douleur et sur l’amour, sans trêve,
Nous changeons les sanglots du monde en diamants.
Nos cœurs passionnés sont des trépieds fumants,
Et des siècles passés, vastes écroulements,
Rien ne reste que la splendeur de notre rêve.



Nous sommes les Puissants exécrés ou bénis.
Mais notre race antique est à présent lassée,
Et la terre est bien vieille, et vieille la pensée.
Les cieux trop bas ont fait l’âme rapetissée,
Et l’air manque aux aiglons étouffant dans leurs nids.

Le monde qui portait nos vastes destinées
Sombre, vaisseau perdu qu’affole un désarroi.