Page:Samain - Œuvres, t2, 1921.djvu/223

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Et nous allons mourir au fond des solitudes,
Seuls avec les lions que nos yeux font ramper.


Les poètes

Nous allons, promenant nos songes par le monde,
Ivres de visions et ruisselants d’aveux.
Le vent de l’infini souffle dans nos cheveux.
Inspirés nous chantons ; et sous nos doigts nerveux
L’âme humaine s’éveille et résonne, profonde.

Notre rêve immobile enfante l’action.
C’est nous qui fiançons en rites grandioses
Le mystère du verbe au mystère des choses ;
Et sous nos fronts taillés pour les apothéoses
Germe, palpite et souffre une création.

Nous volons au delà des astres entassés
Baigner dans l’azur vierge une aile familière ;
Nous en redescendons, la flamme à la paupière ;