Page:Samain - Œuvres, t2, 1921.djvu/251

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Axilis au ruisseau


 
Axilis, allongé sur l’herbe de la rive,
Suit d’un œil nonchalant le clair ruisseau d’eau vive
Qui court, léger d’aurore, au milieu des prés verts.
Le bois s’éveille à peine, et les champs sont déserts…
Axilis laisse errer sur sa flûte d’ébène
Des doigts vagues qu’un même accord toujours ramène ;
Car il semble exhalé, si limpide et si pur,
Par des lèvres d’argent sur un roseau d’azur !
Aux pentes des coteaux flottent des vapeurs blanches
Et le matin mouillé sourit nu dans les branches.