Page:Sand - Antonia.djvu/19

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En ce moment, on annonça à la comtesse la visite de M. Marcel Thierry.

— Faites entrer, répondit-elle.

Et, s’adressant à la baronne, elle ajouta :

— C’est précisément la personne dont je vous parlais, c’est mon procureur.

— En ce cas, je vous quitte.

— Ce n’est pas nécessaire. Il n’a qu’un mot à me dire, et, puisque vous connaissez ma position…

— Et je m’y intéresse. Je reste.

Le procureur entra.

C’était un homme de quarante ans, plus chauve que son âge ne le comportait, mais d’une bonne figure enjouée et sincère, quoique remarquablement fine et même railleuse. On voyait que l’expérience des hommes aux prises avec leurs intérêts l’avait rendu positif, sceptique peut-être, mais qu’elle n’avait pas éteint en lui un idéal de droiture et de candeur qu’il savait d’autant mieux apprécier et reconnaître.

— Eh bien, monsieur Thierry, lui dit la comtesse en lui montrant un siège, y a-t-il du nouveau depuis ce matin, que vous prenez la peine de revenir ?

— Oui, madame, répondit le procureur, il y a du nouveau. M. le marquis d’Estrelle m’a envoyé son homme d’affaires avec une offre que j’ai acceptée pour vous, sauf votre agrément, que je viens prendre. Il s’agit de vous venir en aide par l’abandon de quelques menues propriétés dont le chiffre total ne couvre certainement pas les dettes qui vous incombent, mais