Page:Sand - Antonia.djvu/222

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faubourg une mansarde avec un jardin sur la fenêtre. On voulait tout accepter ensemble ; c’était la seule chose certaine, le seul vouloir irrévocable.




VI.


Deux semaines s’étaient écoulées depuis la mort du marquis d’Estrelle, et, après toutes les recherches possibles, il n’y avait pas eu trace de testament. On croyait qu’il en avait un, on n’osait dire tout haut que la marquise l’avait détourné. D’après divers indices, Marcel le pensait ; mais rien ne servait de soupçonner, on ne pouvait rien prouver, et le fait s’accomplissait avec une insolente tranquillité, c’est-à-dire que la marquise, s’en tenant aux droits consacrés par son contrat de mariage, héritait intégralement de tous les biens du défunt, et ne faisait mention d’aucune réserve pour l’acquit des dettes du feu comte. Cette réserve semblait ressortir pourtant des termes du contrat de Julie. C’était matière à procès, et Marcel conseillait à Julie de plaider, ne fût-ce que pour arrêter les poursuites dont elle était menacée. Julie ne voulait pas de procès. Elle croyait qu’on les perdait toujours de part et d’autre, et Marcel avouait qu’elle ne se trompait guère.

— Je sais bien, disait-elle, que la marquise ne