Page:Sand - Antonia.djvu/226

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Elle salua et sortit.

Marcel l’attendait chez elle. Quand il la vit rentrer pâle et l’œil rempli d’un éclair d’indignation :

— Tout est perdu, lui dit-il, je vois cela ! Parlez vite, madame, vous me faites peur.

— Mon cher Thierry, je suis ruinée sans ressources, répondit Julie ; mais ce n’est pas cela qui m’étouffe. On m’insulte, on me foule aux pieds ; du premier coup, sans témérité, sans provocation de ma part, on me jette l’outrage à la figure ! je suis environnée d’espions, on rapporte, on envenime les choses les plus innocentes… Thierry, ajouta-t-elle en se laissant tomber sur un fauteuil, vous êtes un honnête homme ;.… je vous jure que je suis, moi, une honnête femme !

— Il n’y a que des misérables qui puissent nier cela ! s’écria Marcel. Voyons, du courage, expliquez-vous.

Quand Marcel sut tout, sauf l’intelligence qui régnait entre Julien et la comtesse, car ils avaient cru devoir garder provisoirement leur secret, même vis-à-vis de madame André Thierry, il fut fort abattu et jugea la situation désespérée.

— Vous voilà, dit-il, entre le dénûment subit, absolu, épouvantable pour une femme qui a vos habitudes, et un procès dont l’issue est fort douteuse. Je ne sais plus quoi vous conseiller. Je vois que mes prévisions se réalisent. On veut vous dépouiller et avoir le monde pour soi en essayant de ternir votre réputa-