Page:Sand - Antonia.djvu/227

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tion. On a aiguisé des armes contre vous, on s’en est muni en voyant décliner le marquis, et même, pendant qu’il rendait l’âme, on s’en est servi ; on a travaillé de sang-froid à votre perte, on vous a fait espionner, on vous a suivie…

— Attendez, monsieur Thierry, est-ce que M. Antoine n’est pas mêlé à tout cela ?

— Julien le croit ; moi, j’en doute encore ; j’en aurai le cœur net, et, s’il le faut, je dresserai un contre-espionnage auprès du sien ; mais le plus pressé n’est pas de savoir qui vous trahit, il faut arrêter vos résolutions.

— Pas de procès surtout !

— Non ; mais n’avouons pas cela, et menaçons de rébellion ; je m’en charge. On veut que vous abandonniez le douaire purement et simplement ; moi, je veux qu’on achète cet abandon, et je débattrai les conditions fort et ferme.

— En attendant, dit Julie, me voilà brouillée avec la famille de mon mari, car vous pensez bien que je ne remettrai jamais les pieds chez la marquise.

— Devant le parti pris de vous pousser à bout que je vois bien arrêté chez elle, je n’ai point à vous conseiller la patience. La guerre est déclarée, les hostilités ne sont pas de notre fait. Il s’agit de ne pas reculer.

Mais Marcel n’eut pas le loisir de batailler. Il avait à ses trousses deux ou trois procureurs d’assez mauvais renom, qui parlaient de faire vendre à la criée,