Page:Sand - Antonia.djvu/306

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regretter. Tenez, j’y reviendrai, dussé-je vous fâcher, vous avez eu grand tort de ne pas épouser ce vieux riche, et il serait peut-être encore temps de vous raviser. Personne ne vous blâmerait à présent ; quand une femme n’a plus rien…

— Êtes-vous chargée de nouvelles propositions de sa part ? dit Julie avec un peu d’amertume.

— Non, je ne l’ai pas revu depuis le jour où nous nous sommes brouillées à cause de lui. Il a essayé plusieurs fois de me surprendre, mais je m’étais barricadée contre ses visites… Ce que j’en dis n’est pas pour vous en dégoûter au moins ! S’il revient, ne le chassez pas, et, s’il vous épouse, soyez sûre qu’à cause de vous je prendrai sur moi de le recevoir.

— Vous êtes trop bonne ! dit Julie.

— Allons, vous restez tendue et hautaine avec moi ! Je suis pourtant votre amie, je l’ai prouvé. J’ai rompu des lances pour vous il n’y a pas longtemps. Je ne sais quel pleutre de la société de la marquise d’Estrelle s’était permis de jeter quelque soupçon sur vous à cause d’un petit peintre, vous savez, ce fils du fameux Thierry, qui demeurait au bout de votre jardin par parenthèse ! J’ai imposé silence ; j’ai dit qu’une femme comme vous ne se dégradait pas de gaieté de cœur, et puis j’ai été secondée tout de suite par l’abbé de Nivières, qui a dit : « Ce jeune homme ne la connaît seulement pas : il est allé vivre à Sèvres avec sa mère. C’est un bon sujet ; il dit n’avoir jamais aperçu madame d’Estrelle du temps qu’il demeurait tout près