Page:Sand - Antonia.djvu/338

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l’abandonnèrent, et qu’en la recevant dans ses bras Julien vit qu’elle était évanouie. Il n’y avait aucun secours à lui donner dans le pavillon ; il la porta dans son appartement, dont une porte était restée ouverte sur le jardin, et où il trouva de la lumière. Il déposa Julie sur un sofa, et elle reprit connaissance assez vite ; mais, quand elle voulut se lever, elle retomba.

— Ah ! mon ami, lui dit-elle, je ne peux pas me soutenir. Est-ce que je vais mourir ici ? Est-ce qu’il est trop tard pour que tu me sauves ? Écoute : on frappe à la porte de la rue, il me semble ?

— Non, dit Julien, qui n’avait rien entendu. Et, comme il cherchait à lui rendre la confiance qu’il commençait lui-même à perdre, un grand bruit de sonnette les fit tressaillir.

— On vient me chercher, m’enlever peut-être ! s’écria Julie égarée, me jeter dans un couvent !… La marquise, M. Antoine, que sais-je ?… Et je ne peux pas fuir ! Emporte-moi donc, cache-moi, Julien !…

— Attends, attends, dit Julien, qui avait ouvert une porte de l’intérieur pour écouter ; c’est Marcel qui parle haut et qui appelle Camille. Oui, c’est un avertissement pressé. Ouvre, montre-toi.

— Je ne peux pas ! dit Julie désespérée après un dernier effort.

— Eh bien, j’irai, dit Julien avec résolution. Il faut bien qu’il me voie ici, puisque je ne veux pas en sortir sans toi.

Il courut à la porte du vestibule, où Marcel sonnait