Page:Sand - Antonia.djvu/70

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— Eh ! qui sait ? vous avez été un volcan jadis !

— Moi ! Qu’est-ce que tu dis donc là, animal ?

— Vous ne me ferez pas croire que vous n’avez jamais aimé ?

— À quel propos ?… Je n’ai jamais été amoureux, moi ! Pas si bête !

— Si fait ! vous avez été amoureux, bête si vous voulez, au moins une fois ! Essayez de me soutenir le contraire, ajouta Marcel en voyant l’horticulteur pâlir et se troubler de nouveau.

— Assez de niaiseries ! reprit l’oncle en frappant du pied avec humeur. Tu es le procureur de madame d’Estrelle : es-tu chargé de vendre le pavillon ?

— Non ; mais j’ai le droit de le proposer. Combien en donneriez-vous ?

— Pas un sou. Laisse-moi tranquille.

— Alors je peux le proposer à un autre acquéreur ?

— Quel autre ?

— Il n’y en a pas d’autre pour le moment. Je n’ai pas le goût du mensonge, et ne trahirai pas les intérêts que vous m’avez confiés ; mais vous savez bien qu’on s’occupe de bâtir la rue, et que, ce soir, demain peut-être, on se disputera le pavillon.

— Que madame d’Estrelle se donne la peine d’entrer en pourparlers avec moi…

— Vous voulez qu’elle vous reçoive ? Soit !

— Elle me recevrait ? dit M. Antoine, dont les yeux ronds brillèrent un instant.

— Et pourquoi non ? dit Marcel.