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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

chez pas ; car leur société est toujours déplaisante et peut-être dangereuse à votre âge ; mais ne les haïssez pas. Vous verrez, en y réfléchissant, que la bienveillance, qu’on appelle communément amabilité, consiste non pas à tromper les hommes, mais à leur pardonner.

Je ne vous dirai rien sur le reste de votre lettre. Je vous ai dit tout ce que j’en pensais la première fois. Vous convenez que vous avez tort et vous me promettez de changer cette bienveillance outrée en une douceur plus noble, dont on sentira le prix davantage. Je vois des éléments très bons en vous ; mais le raisonnement est souvent faux. C’est un grand mal de s’encourager soi-même à se tromper.

Adieu, mon cher enfant. Je vous attends, venez le plus tôt que vous pourrez. Mes yeux vont mieux. Les enfants et moi vous embrassons affectueusement. Comptez toujours sur votre vieille amie.


XXXIX

À MADAME MAURICE DUPIN, À PARIS


Nohant, 19 avril 1830.


Ma chère maman,

J’ai été empêchée de vous écrire par une ophthalmie