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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

Bonsoir, cher enfant ; je vous aime bien, et serai toujours votre seconde mère. Écrivez-moi aussitôt que vous serez chez nous. Dites-moi un peu comment on me traite là-bas. Il est toujours bon de savoir ce que les autres pensent de vous.

Je vous embrasse de tout mon cœur.


LV

À MADAME MAURICE DUPIN, À CHARLEVILLE


Paris, 18 janvier 1831.


Ma chère petite maman,

L’ami Pierret m’a lu ce matin le passage de votre lettre me concernant. Je vous remercie du désir que vous témoignez de me voir. Il est bien réciproque. Je compte rester ici deux mois au moins, ainsi je ne puis manquer de vous embrasser cette année. Je n’oserais pas vous prier d’avancer pour moi votre retour. Je craindrais trop de causer du chagrin à Caroline, si heureuse de vous avoir près d’elle. Elle me reprocherait peut-être de vous enlever. Ne croyez point, comme vous semblez le témoigner à notre ami Pierret, que j’éprouve aucun sentiment de jalousie envers ma sœur. Ce serait un sentiment bien bas. Je ne voudrais pas l’éprouver, quand même il s’agirait d’une personne indifférente, à plus forte raison à son égard.