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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

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qui désertent. Plus le nombre se réduit, plus je sens l’affection redoubler de vigueur. La part des uns revient aux autres.

Je vous remercie de m’avoir parlé de Maurice. Faites qu’il m’écrive souvent, qu’il ne soit pas trop livré à lui-même aux heures où il ne travaille pas, et qu’il continue à apprendre sans chagrin. Sa dernière lettre est charmante.

Adieu, mon cher enfant. Je vous embrasse comme je vous aime. C’est du fond de mon âme.


LXXII

À M. CHARLES DUVERNET, À LA CHÂTRE


Paris, 19 juillet 1831.


Mon bon Charles,

Soyez miséricordieux et pardonnez à la lenteur de mes lettres. Je suis enfin installée quai Saint-Michel, 25, et j’espère désormais ne plus m’exposer au remords de laisser sans réponse prompte vos lettres bonnes et aimables. Je vous laisse à penser ce qu’il a fallu de mémoire, de jambes, de patience et de temps, pour acheter tout un petit ménage depuis la pelle jusqu’aux mouchettes : c’est à n’en pas finir. Le pis de tout cela, c’est l’argent que cela coûte. J’aurais tort de me plaindre pourtant. Je n’ai rien payé et je payerai s’il plaît à Dieu.