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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

vous chargez de lui. Je pars bien portante ce soir. Je vous écrirai sitôt mon arrivée quelque part. Je vous embrasse de toute mon âme.

AURORE.


CIX

À M. MAURICE DUDEVANT,

AU COLLÈGE HENRI IV, À PARIS


Marseille, 18 décembre 1833.


Mon cher petit,

Je suis à Marseille, après avoir toujours voyagé, soit en voiture, soit en bateau, depuis le jour où je t’ai quitté. J’ai descendu le Rhône sur le bateau à vapeur et je vais m’embarquer sur la mer pour aller en Italie. Je n’y resterai pas longtemps ; ne te chagrine pas. Ma santé me force à passer quelque temps dans un pays chaud. Je retournerai près de toi, le plus tôt possible. Tu sais bien que je n’aime pas à vivre loin de mes petits miochons, bien gentils tous deux, et que j’aime plus que tout au monde. Je voudrais bien vous avoir avec moi et vous mener partout où je vais. Mais ta sœur n’est pas assez grande, et, toi, il faut que tu fasses ton éducation.

Tu le sais, mon cher enfant, c’est indispensable et tu es bien décidé à t’y livrer de tout ton cœur. J’ai