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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

et travaille, joue, saute, porte-toi bien, décrasse ta frimousse, lave tes pattes, ne sois pas trop gourmand et aime bien ta vieille mère, qui t’embrasse cent mille fois.


CX

À M. JULES BOUCOIRAN, À PARIS


Marseille, 20 décembre 1833.


Mon cher enfant,

Je suis arrivée ici sans trop de fatigue et j’en repars après-demain. Je vais à Pise ou à Naples, je ne sais lequel. Écrivez-moi à Livourne, poste restante. Donnez-moi des nouvelles de mon gamin. Soyez bon pour lui, comme vous l’êtes toujours, et protégez-le contre les petits ennuis dont je vous ai parlé.

Avez-vous réussi à dîner le jour de mon départ ? Je vous ai fait faire une journée de corvée. Sans vous, je ne serais pas venue à bout de partir. Avez-vous eu la bonté de ranger tout chez moi, de mettre dehors mes chambrières, de fermer portes et fenêtres, etc., etc. ? Ayez soin de retirer les clefs de tous les meubles et de les mettre en paquet dans le secrétaire, dont vous prendrez la clef chez vous. Je vous remets aussi la surintendance des rats et souris, avec autorisation d’en manger à discrétion et de boire tout le vin de ma cave.