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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

bien des hivers, je ne me suis si bien portée. Je lui en attribue tout l’honneur.

Avez-vous toujours votre petit compagnon Oscar ? Hippolyte m’a dit qu’il était fort gentil, mais assez délicat. Maurice grandit beaucoup et n’est pas non plus très robuste maintenant. C’est l’âge, dit-on, où le tempérament se développe, non sans quelque effort et quelque fatigue. Il est joli comme un ange, et fort bon. Sa sœur est une masse de graisse, blanche et rose, où on ne voit encore ni nez, ni yeux, ni bouche. C’est un enfant superbe, quoique né imperceptible ; mais, pour espérer que ce soit une fille, il faut attendre qu’elle ait une figure. Jusqu’ici, elle en a deux aussi rondes et aussi joufflues l’une que l’autre… Elle a toujours une bonne nourrice, dont elle se trouve fort bien.

Le mois prochain, vous verrez mon mari, qui retournera avec Hippolyte vendre son cheval. De là, nous irons un mois à Bordeaux et un mois à Nérac, chez ma belle-mère, et nous serons de retour ici au mois de juillet. Si vous voulez, à cette époque, tenir votre promesse, et décider Caroline à vous accompagner, nous passerons en famille tout le temps que vous voudrez ; car je n’aurai plus d’obligations de toute l’année, et il me faut des obligations pour quitter Nohant, où j’ai pris racine. Nous vous soignerons bien et vous rajeunirez si fort, que vous retournerez à Paris fraîche et encore très dangereuse pour beaucoup de têtes.

Adieu, ma chère maman. Casimir, Hippolyte, mes deux enfants et moi vous embrassons tous bien ten-